Il y a tellement de raisons de mal comprendre, que ne pas s’assurer que l’autre a bien compris – dans l’immédiat de la conversation, comme dans les événements qui la suivent ou en découlent – que le retour d’information ne peut, jamais, être éludé. Sans aller jusqu’aux dialogues socratiques, où les propositions « enfermantes » finissent par faire accoucher l’autre d’un accord, il faut cependant en suivre le principe, sur un mode plus léger.

S’assurer, par des questions bénignes que les interlocuteurs restent sur la bonne fréquence : « vous voyez aussi les choses comme ça ? », ou « qu’est-ce que vous en pensez ? », ou encore « ça vous paraît correct ? ». On peut éviter sans rien perdre les maladroits « vous comprenez ? », ou pire, les diaboliques « je ne sais pas si vous me suivez ? ». À part le fait que nous laissons ainsi un espace de parole à celui qui nous a écouté (dont nous avons vu dans le chapitre sur « l’écoute » toute l’importance), l’interlocuteur est obligé à un commentaire qui doit être en harmonie avec notre attente, ou le retour d’information serait négatif, c’est-à-dire que notre information serait mal passée et qu’il faudra y revenir, pas forcément par un « vous n’avez rien compris ! », mais nous essaierons plutôt un « excusez-moi, mon explication était assez embrouillée », plus digeste.
En communication électronique, c’est la rapidité – généralement – de la réaction, qui note l’intérêt de l’action. Si l’on croit avoir passé un message qui suppose une disposition d’urgence et qu’il reste sans réponse, cela signifie soit que celui qui l’a reçu n’a pas la même opinion que nous sur le caractère d’urgence, soi que nous avons mal exprimé cette urgence, ou, après un délai, qu’il n’a certainement pas reçu notre message.
Qu’il s’agisse de communication immédiate, de courrier papier ou électronique, l’absence de réaction doit bloquer le système ou, si celui-ci le permet, exclure l’interlocuteur. Mais l’avance normale est proscrite. C’est l’exacte situation du dessin animé, où le protagoniste marche sur un tremplin et, dans la foulée, continue à marcher dans le vide, du même pas, avant de se rendre compte qu’il n’a plus de support et de tomber dans un hurlement de terreur. Mais dans les dessins animés, le protagoniste se relève, après…
La clé : se souvenir du fait que ce sont les actes qui valident les paroles, pas le contraire.