« Papa, comment se font les enfants ?»
« On verra ça quand tu seras plus grand ! »
Sous entendu : jusque là le père garde l’ascendant sur le fils, car il est détenteur d’une information que l’autre n’a pas.
Personne, en communication, n’est obligé de dévoiler tout ce qu’il sait sur tous les sujets. Mais si l’échange, sur un sujet précis demande un apport d’informations, retenir ou non ces informations doit procéder de la stratégie, non de la cachotterie ou pire, du manque de discernement. Les conversations les plus « douloureuses » sont celles qui se font au forceps, quand, par esprit retors ou simple imbécillité, l’interlocuteur, sans fondement logique, doit être littéralement essoré de ses informations. Le processus étant épuisant, évitons-le, autant que possible – et souhaité – à nos interlocuteurs.
Quand un de ces spécialistes du savoir masqué est identifié (ce qui est facile et rapide dans un groupe de travail, par exemple), il est affublé de la même charge négative que le menteur reconnu, puisque producteur du populaire mensonge par omission.
Il peut cependant être nécessaire, pour des raisons pédagogiques ou stratégiques, de ne pas dévoiler l’ensemble de l’information, mais, dans ce cas, on peut signaler que le problème est « à suivre », ou que quelques compléments viendront « en leur temps ».
La clé contre le savoir masqué : donner à nos enfants (par exemple), les réponses qu’on aurait voulu avoir à leur âge.