La rumeur, en communication, n’a que des effets pervers. Elle tue l’information sur laquelle elle jette un doute : « on dit que cet appareil ne tient que deux ans . Renseignement pris, cette rumeur est l’œuvre du concurrent du fabricant de l’appareil en question. Mais le doute est installé. Achète-t-on un appareil sur lequel plane un doute ?

La rumeur, par définition, est anonyme. L’homme intègre devrait (et il le fait) rejeter la rumeur comme on rejette une lettre anonyme. Mais les deux laissent ce même goût de doute. Car la rumeur, comme la lettre anonyme, s’imposent. Elles n’ont pas été sollicitées, elles ne sont pas l’effet d’un échange voulu. La rumeur au plan social est comparable à un fléau, genre sauterelles en agriculture. Son danger vient de ce qu’elle peut être vraie.
Se faire, en communication, porteur des rumeurs, surtout si l’on oublie de les signaler comme telles, c’est se dépersonnaliser, devenir un véhicule transportant des produits que les interlocuteurs peuvent, ou non, acheter.
La clé anti-rumeur : quand une information sent la rumeur, on s’informe de la source. Il peut très bien y avoir de la fumée sans feu. Dans les nouvelles fumeuses, par exemple.