30 clefs pour communiquer – P2 §7 : Communication interculturelle.

Cet article est la partie 19 de 31 de la série 30 clefs pour mieux communiquer

La communication interculturelle regarde le plus souvent les négociations avec des étrangers (chez eux, ou chez nous) ; c’est un peu sous cet angle que se développera ce chapitre, dans un souci d’efficacité opérationnelle.

On peut dire qu’au long de l’Histoire, trois domaines ont façonné le monde : la guerre, le commerce et la culture (qui comprend les religions). La guerre a imposé des changements par la force, le commerce et la culture par la satisfaction des nécessités vers un meilleur-être, physique, mental et éventuellement spirituel. Souvent, les relations entre ces trois domaines de l’activité humaine manquaient de clarté, car les conquérants imposaient leur commerce et leurs valeurs culturelles, en même temps que leur administration. Les peuples conquis résistaient comme – et où – ils pouvaient. Au niveau commercial, ils vendaient leur production au conquérant, tout en profitant des nouveautés importées. Culturellement, les choses étaient plus floues, car aux temps anciens, la littérature, la science, les arts et la religion formaient un mélange difficile à démêler . Généralement, dans l’antiquité, conquérants et conquis ont formé de nouvelles sociétés intégrées au plan humain, culturel et commercial. Moins facilement au plan religieux.

Mais plus près de nous, les Empires espagnol, anglais et français, ont donné des modèles complètement différents, du fait, définitif, qu’ils n’avaient aucune intention de se mélanger, de quelque manière que ce fut, avec les peuples conquis. On cherchait des matières premières, de la main-d’œuvre, de l’influence militaire et politique, en aucune façon une force démographique assimilable à la nation métropole.

De ce fait, les communications interculturelles étaient limitées aux peuples considérés comme « égaux », en ne tenant compte que des différences parfaitement définies par un long (et souvent tourmenté) voisinage.

C’est avec les moyens de transports modernes, l’explosion du tourisme au XXº siècle et l’internationalisation intensive du commerce (allant vers son apogée avec la mondialisation) que sont apparues les nécessités de communication interculturelle pertinente. L’espoir est que cette intégration économique conduise à plus de paix – bien que l’actualité des dernières années laisse des doutes – repose sur le fait que la mondialisation économique ne fonctionnera que si le monde est en paix : On imposait la paix par la force (Pax Romana), on l’impose aujourd’hui par l’argent. Reste que si une idée pénètre dans la tête de l’autre moins vite qu’une balle, elle risque d’y être plus productive, quand l’idée est bonne.

Dans cet entourage, curieusement, on revient à l’Homme. Malgré (ou peut-être à cause) des moyens électroniques de communication, les accords importants continuent à se réaliser face à face, car pour une même demande, il y a cent offres à peu près équivalentes et c’est finalement le facteur humain qui fait la différence, ce qui est logique, puisque la communication de négociation porte sur ce que la technique ne démontre pas. Entre donc en jeu la capacité de conviction, par exemple, qui est difficilement quantifiable, ou opérative à distance.

Là, plus que jamais, la connaissance de l’autre et le respect qui lui est dû sont déterminants. La recherche du consensus ne peut que passer par ces deux facteurs. On pourrait définir la communication d’affaires interculturelles comme « le rapprochement des intérêts des protagonistes au moyen de l’utilisation honorable de leur connaissance et respect mutuel ».

Le premier point à « déblayer » est celui du langage. Trois langues, celles des trois récents (historiquement parlant) Empires, couvrent le monde : L’Espagnol, l’Anglais et le Français. L’Anglais a depuis le XIXª siècle pris un avantage certain pour avoir été accepté comme langage du commerce, sous l’influence britannique et confirmé au XXème siècle par l’influence américaine. Chaque chauvin peut trouver sa langue plus intéressante, mais les faits sont indiscutables. Professionnellement, l’homme d’affaires ou le représentant à l’export qui ne parle pas Anglais est un infirme.

Le second point, pour communiquer de façon acceptable est la connaissance du pays dans lequel on traite : ses mœurs, une idée de son régime politique, de sa démographie, du niveau de vie, des coutumes professionnelles du domaine qui nous intéresse, de sa religion dominante, etc. étant entendu que personne ne peut tout savoir et que le remède à toute éventuelle maladresse reste le sourire et une bien sonnante humilité. Bien sûr, toutes les informations techniques, financières, sociales en relation avec l’autre partie de la communication sont fondamentales, mais une erreur dans ce domaine est beaucoup plus facilement pardonnable que dans le registre humain. Quand une faute de goût est commise dans un pays étranger, bien que pardonnée par l’hôte, qui comprend notre ignorance de ses coutumes, elle laissera une impression négative.

Un facteur intéressant est que l’homme hors de chez lui est toujours en léger (ou moins léger, dépendant de son caractère) état régressif. Il faut, soit savoir en jouer, soit attirer les interlocuteurs chez soi. Mais se conduire comme un enfant perdu parce qu’on change d’alimentation ou que les pancartes sont inscrites autrement, c’est partir avec un sérieux handicap. On est là en plein territoire humain.

A ce propos, notons, comme un symptôme social, que le 9 Octobre 2002, le prix Nobel d’économie a été remis à Daniel Kahneman, qui est psychologue, pas économiste. Il n’est pas douteux que « les » Nobel ont voulu souligner l’importance de l’Homme dans l’accélération économique, ses développements et ses espoirs.

La clé : se souvenir que l’autre est au moins aussi désorienté que soi-même, dans un échange interculturel. A l’avantage celui qui s’est le mieux préparé. Apprendre une langue étrangère n’est pas du temps perdu

30 clefs pour mieux communiquer

30 clefs pour communiquer – P2 §6 : Communication et hiérarchie. 30 clefs pour communiquer – P2 §8 : Enquêtes, sondages.

🤞 Vous voulez la suite ? Inscrivez vous (gratuitement) à notre newsletter !

Et recevez par mail les dernières publications !

Pas de spam, pas de revente de données conformément à notre politique de confidentialité

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>