Faire croire aux citoyens que l’âge de leur retraite peut être raccourci impunément est non seulement inepte, mais malhonnête. Cet argument de prosélytisme pour un parti politique ne devrait plus fonctionner pour sa bêtise mais surtout parce que ces partis-là prennent réellement leurs proies pour des demeurés. Auraient-ils raison ? Demander aux foules si elles veulent travailler davantage ne laisse aucun doute sur la réponse. Qui voudrait allonger volontairement les obligations et les fatigues d’un rôle productif ?
Les mauvais conseillers auraient moins d’audience s’ils soulignaient que travailler moins, c’est avoir une retraite moins confortable, fait d’ailleurs démontré par ceux qui partent « plus tôt » à la retraite et voient celle-ci amputée sévèrement, par le simple fait que la retraite est logiquement proportionnelle au temps de travail et au montant des cotisations.
Le temps de travail a une grande influence sur la productivité et le nombre d’individus baissant, celle-ci serait moindre, avec les conséquences proportionnelles sur la concurrence industrielle internationale. Moins de capacité productive, baisse des résultats, licenciement, donc chômage, embauche de personnel moins cher, donc moins qualifié avec les conséquences sur la qualité des productions, autre handicap au niveau international.
L’allongement progressif de la durée de la vie dégrade tous les rapports d’analyse entre la démographie et son pourcentage professionnellement actif. Donc…
Une telle situation d’obsolescence des personnels, déjà aujourd’hui touchés vers 45 à 50 ans, n’étant pas tenable au long cours verrait affluer de nouvelles invasions migratoires acceptant des salaires avantageux pour les finances d’entreprise.
Les activités propres au « temps libre » des retraités se cantonneraient dans des domaines indigents, tristes récompenses après une vie de labeur.
Face à ce pessimisme justifié, les classes laborieuses n’ont qu’une autre alternative : retrouver les intérêts nationaux qui coïncident avec les leurs propres : Travailler plus, pour gagner plus, pour redresser l’état du pays et améliorer les perspectives de leur retraite.
Quand on analyse les difficultés rencontrées pour la survie des régimes de retraite, qui sont de la redistribution contributive, qu’adviendra-t-il de la redistribution non contributive, uniquement assise sur la solidarité et financée par les impôts au sens large, dont on sait, la France déjà championne de l’OCDE, qu’il ne sera guère possible d’aller au-delà en matière de prélèvements, sauf à faire de « l’égalité », celle, avant tout, de la pauvreté.