Très tôt dans la geste religieuse, les dieux ont été logés dans les cieux, lieux inatteignables marquant et séparant définitivement les créateurs des créatures, ouverts sur l’univers sans possibilité d’intrusion des hommes dans le royaume du divin. La sacralisation d’objets par les « esprits » est d’une autre nature, qui attribue à chaque objet une valeur tutélaire qui l’habite et le protège.

Les premiers temples égyptiens consistaient en un pieu, le plus long possible, autour duquel on invoquait d’hypothétiques dieux, incarnation de tout ce qui était incompréhensible, donc probablement divin.
Les hominidés ont, plus tôt encore, sacrifié leurs proies en les fumant, offrant à des entités mal définies, logées dans le ciel, ces effluves fumants odorants montant vers eux, comme actes de soumission, ou de remerciements.
La Torah nous parle d’un jardin divin du temps de la création de l’Homme et de la tour de Babel, tentative de s’approcher des lieux interdits réservés au divin, que le dieu d’Israël châtie par la confusion des langues, prémisses de désaccords plus graves entre les hommes. Châtiment assez réussi.
L’Islam place Jésus après sa torture auprès de son dieu, dans le ciel.
Tous les encensements asiatiques closent l’indiscutable situation des domaines divins dans les cieux.
Cette énumération un peu fastidieuse pour souligner qui si on parle divin, il vaut mieux lever la tête. Hypothèse largement démontrée par la statuaire et la peinture Chrétienne où les millions d’yeux, obstinément tournés vers le ciel, est un chiffre très sous-estimé. Jusqu’aux yeux des aveugles de Brueghel l’Ancien, qui interrogent les cieux.
De l’organique au spirituel, il semble que l’important soit la direction du regard. Ceci dans le cas où le domaine spirituel concerne la relation des hommes à leurs dieux ; une tentative d’ailleurs vouée à l’échec puisque, hallucinés mis à part, toutes les tentatives pour nouer des relations de bon voisinage avec le ciel sont restées lettre morte.
La désespérante indifférence des dieux abandonnant les humains à leurs tracas ne leur a laissé que peu d’alternatives : le doute, l’athéisme, les sectes, la sorcellerie, le chamanisme, et…les religions, qui par leur étymologie-même relient les fidèles entre eux, pas avec les dieux.
Reste le seul espoir d’approcher la sérénité d’une spiritualité : explorer le marché du domaine, avec, en tête, a priori, quelques définitions :
1 – La spiritualité et la religiosité n’ont aucun lien.
2 – La spiritualité est un parcours solitaire.
3 – Il n’existe pas de modèle spirituel standard.
4 – La spiritualité n’exige aucune ascèse ou mortification.
5 – La spiritualité n’est pas une recette de confort mental.
6 – La recherche de la spiritualité a un début, mais pas de fin.
7 – La recherche spirituelle demande un effort culturel.
8 – Lire des ouvrages sur le spirituel n’est pas le chemin.
9 – Les points 7 et 8 ne sont pas contradictoires. C’est la vie, le chemin.
10 – L’humilité est le juge de la recherche spirituelle.
11- Parmi les mille chemins qui favorisent l’approche de la spiritualité, c’est l’intelligence, réceptacle universel, qui oriente l’action.
12 – Le sentiment d’avoir progressé spirituellement marque le début de la véritable recherche. La fin du voyage marque le véritable départ (proverbe japonais).