Le Nul-o-mètre s’est encore déplacé du mauvais côté !

La chaîne « France 3 » annonce la suppression prochaine du jeu « Des Chiffres et des Lettres », le seul jeu qui ne fasse pas appel qu’à la mémoire, car « le mot le plus long » repose sur une série de lettres, tirées au sort, qui est un champ d’exercice analytico-synthétique dont le candidat doit tirer le meilleur fruit.

Quant à la recherche arithmétique elle trouve son intérêt dans l’utilisation des quatre opérations de base pour cheminer jusqu’à un total proposé par le hasard. Là aussi, l’intelligence logique déductive est mise à l’épreuve.

Simple, intelligent, ludique, dans un esprit de compétition courtoise entre deux candidats, réglé par une équipe compétente et sympathique. Le rêve !

Pourquoi supprimer ce jeu : parce qu’il ne « fait » pas suffisamment d’audience, donc de « Pub », qu’il n’attire pas les foules aux heures de grande écoute.

Pourquoi ce jeu reste-t-il confidentiel ? Parce les gains des joueurs sont ridiculement bas. Le dernier gagnant en date a dû faire un sans-faute durant dix séances (!!!) pour gagner 7.000 Euros, à comparer avec les gains du « Slam », où une seule séance peut en rapporter 10.000 et dont le nombre de séances n’est pas limité !

Un peu de socio-psychologie, sans prétention : quel est l’état d’esprit d’un spectateur face aux jeux qui comportent des prix ? Il choisit son champion, sur des critères morpho psychologiques et intellectuels apparents, auxquels il s’identifie et, dès lors, le facteur déterminant est ce que ce champion est capable de gagner : là commence le rêve du téléspectateur.

« Les Chiffres et Les Lettres » n’est pas moins « culte » que le « Slam », par exemple, peut-être même les « Chiffres » le sont-t-ils un peu plus et « Les Lettres » aussi, qui ne bénéficient d’aucune piste ou définition, comme c’est le cas pour les mots du « Slam ». Mais si sa survie dépend uniquement de son élégance, il est normal, dans le siècle, qu’il disparaisse, pour la médiocrité de ses récompenses et celle de l’intelligence des foules faciles à amuser par l’humour de comptoir ou les évocations grivoises. Dommage pour la culture. La télévision, medium de communication princeps, ne s’honore pas quand elle se prive d’un fleuron difficile à remplacer.

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