L’écriture est apparue dans l’histoire il y a environ 6.000 ans. En Mésopotamie d’abord, en Egypte ensuite, puis en Phénicie et en Crète d’où sortiront les langues sémitiques (hébreu, arabe beaucoup plus tard) puis le Grec, puis composant avec l’Etrusque, le Latin.
En Chine, l’écriture apparait vers 1.400 BC, plus tard que le phénicien, mais elle est la seule qui ait survécu jusqu’à nos jours, à travers une évolution constante.
L’écriture de l’Indus, qui ira vers le Brahmi, servant à l’origine à noter le Sanskrit, dont les origines les plus lointaines se situent au III° siècle BC.
Cadre historique
Période pré-dynastique VII à V millénaire
Age de pierre.
Apparition des métaux.
Iconographie sur céramique (thèmes agricoles).
Apparition de la vannerie, du filage, du tissage avec des motifs graphiques.
Période pré-pharaonique 4.500 à 3150
Les sépultures sortent des agglomérations et s’établissent à l’ouest du Nil.
Graphisme religieux.
Les graphismes commencent à avoir un autre signifié que décoratif, passant de l’évocation au message.
Se constituent des groupements graphiques à effets constants (formules funéraires par exemple).
Apparition des caractères phonétiques.
Période pharaonique 3.150 BC a 300 AD
curieusement, les égyptiens avaient un alphabet, mais ils ne l’ont jamais utilisé pour composer des textes, seulement des noms propres ou quand aucun idéogramme n’était approprié.
Phonèmes égyptiens

Évolution du langage pharaonique
Ancien Égyptien : de 3200 à 2.200 : Dynasties I à VIII (texte des pyramides
Égyptien moyen ou classique : de 2.200 à 1990, Dynasties IX à XI
Égyptien tardif : 1573 à 715. Dynasties XVIII à XXIV
Démotique : Dynasties XXV (715) jusqu’à l’époque romaine, la XXXI°
COPTE parlé : forme dégénérée du démotique, remplacée par l’Arabe à partir du VII° siècle (640 : conquête arabe),
Le copte s’écrit avec les lettres grecques, plus 7 phonèmes dérivés des hiéroglyphes.

L’écriture égyptienne
Les hiéroglyphes de l’époque classique
Principe d’une composition non symbolique

Réalisme des mots non symboliques
- Femme
- Copuler
- Parturiente
- Eau
Il est intéressant de constater que les langues les plus anciennes n’avaient pas de fausse pudeur pour exprimer clairement ce qui, pour eux, était clair anatomiquement.
Principe d’une composition symbolique
- Souffle, vent
Une voile, un poussin de caille (le phonème « ou » = le vent)
Exemple de mots symboliques
- Une charrue, la bouche = nourriture => aimer
- Un billot, sur la bouche = silencieux
- Un homme + de l’eau lustrale = prêtre
Homophonie et sens figuré
- Canard – Se prononce SA
- Fils – Se prononce SA. Le rouleau de papyrus humanise.
Aide phonétique

La vipère à corne = « F », la bouche = « R »
Sens de la lecture
Horizontal

De haut en bas

La fausse porte du scribe Djaouti, effet esthétique de miroir sur les montants de la porte. Se lit donc dans les 2 sens.


Comme en chinois ou en japonais, on lit un texte en colonne en partant de la droite
Petit exercice de lecture

Indique la marque du féminin.
En égyptien, le verbe « être » n’existe pas.

De nombreuses similitudes grammaticales ou phonétiques suggèrent une origine égyptienne aux langues sémitiques.
La pierre de Rosette


Contenu de la pierre de Rosette
Il s’agit d’un décret de Ptolémée V, écrit en hiéroglyphes, démotique et grec. A cette époque, sous la tutelle grecque, tous les textes officiels devaient être écrits en ces 3 lanques.


Principaux supports
- Sur les parois des tombes
- Sur la pierre
- Sur du papyrus
A gauche, en haut hiéroglyphe cursif, en haut à droite écriture démotique, en bas hiéroglyphique.
Les déterminatifs
Ce qui détermine le domaine sémantique d’un mot ou d’une phrase.


La translittération
Langage en écriture latine créé par les égyptologues pour communiquer entre eux sans avoir à user de hiéroglyphe.

Prépositions et conjonctions
Les adverbes
Il n’existe que les 10 adverbes ci dessous en égyptien.

Les verbes

La négation

Les démonstratifs


Vases Canopes
Les possessifs

Exercices de traduction

Thème

Traduire en égyptien :
« Le scribe navigue vers la cité du temple du dieu Ré »
Pour aller plus loin :
La titulature du Pharaon

Ce qui donne après translittération :
Normalement à ce stade vous êtes en mesure de traduire cette petite phrase, mais au cas ou :
Horus, nom des deux maitresses, Horus d’or, roi de haute et de basse Egypte, Keper Ka Ré, fils de Ré, Sésostris, qui donne la vie, la force et la sagesse de Ré éternellement.
Calendrier égyptien
Le comput se fait à partir du règne de Pharaon.
Importance des interrègnes.
Trois saisons : inondation, germination, récolte.
De quatre mois chacune, mois de 30 jours. (360 jours/an)
Plus 5 jours épagomènes, donc un total de 365.
Mais l’an astronomique est de 365 , 242190 jours (approx. ¼ de jour).
Ce quart de jour fait que certains événements n’ont pas lieu à la même date chaque année. La correction se fait à chaque période « Sothiaque » .
(de Sothis = Sirius)
Cette période correspond au lever héliaque de Sirius. Ce qui se produit tous les 1.460 ans. De sorte que ces périodes ont eu lieu en 139 (AD), 1.321 (BC), 2.919 (BC) et 4.379 (BC). (approx.)
Ces repères sont intéressants pour dater des événements d’une grande antiquité.
Voilà pour un petit tour d’horizon qui vous permettra d’avoir une première approche de cette écriture antique.















Ce cours est clair, ludique, fait immédiatement aimer l’étrangeté même
( pour nous) de la logique égyptienne. Un grand Merci!