Incompréhension chez ceux qui « savent » comment fonctionne le Judo et tous ceux qui ont, sportivement, gagné leur médaille olympique.
À l’origine, il n’y avait pas de catégorie de poids. Puis, comme la pratique gagnait en audience, nombre et qualité, cette discipline fut plus règlementée, entre autres divisée pour les compétitions en catégorie de poids, d’abord trois, puis plus, puis « beaucoup ». Sept aujourd’hui.

Ce raffinage n’est guère dans l’esprit du Judo, qui veut que l’application intelligente des techniques puisse permettre à un pratiquant « léger » de battre un adversaire plus lourd. En fait, aujourd’hui, les combats se passent entre gens sensiblement du même poids, ce qui influence le choix des techniques, qui peuvent être préférées en fonction de différences qui n’existent plus. Le bon côté, c’est qu’à poids sensiblement égal, les combattants élargissent leur palette technique, alors que dans les premiers âges du judo, ils pratiquaient des techniques « petits sur grands ou vice-versa », selon le gabarit de chacun.
Autre phénomène : périodiquement, tous les dix ans, peut-être, apparaissent des judokas hors gabarit physique. Dans les cinquante dernières années, le hollandais Anton Geesink, suivi de son compatriote Wim Ruska et autres David Douillet, Angelo Parisi (premier champion olympique de judo), tous personnages avoisinant ou dépassant 2 mètres, pesant 130 kilos ou plus, qui gagnaient toutes les compétitions, car leur gabarit et leur force physique leur assuraient le même genre de victoire qu’aurait eu un athlète de trente ans combattant un enfant de douze ans.
Anecdote plaisante : je connaissais Geesink personnellement et nous étions ensemble au championnat d’Europe, à Barcelone en 1958.
« AAHH Michel s’exclama-t-il. Comment vas-tu ? et, comme il ne voulut pas interrompre son échauffement, il me saisit par la ceinture, et, bras tendus, il se mit à courir autour du tatami, avec-moi comme pare-chocs avant ! les pieds à 40 cm du sol. Je pesais à l’époque 70 kilos ».
Pour ces gens d’exception, où est le mérite de vaincre des adversaires pesant la moitié de leur poids, même si souvent ils sont des techniciens acceptables, voire bons. Et quand ils ont un adversaire de leur poids, ceux-ci sont rarement de la même complexion et n’arrivent au poids correspondant à cette catégorie que par leur masse graisseuse, qui n’est d’aucune aide dans un combat de Judo.
En somme, ces gens d’exception « subissent » leurs qualités physiques.Ce sont peut-être leurs géniteurs, qui devraient être primés.
Mais la question, reste de savoir de savoir en quoi ces géants ont un mérite quelconque, que n’ait pas n’importe quel sportif de compétition, leur victoire procédant en grande partie de leur gigantisme. S’agissant de particularités physiques, y-a-t-il une gloire à être soi-même ?
Bien sûr, dans un temps où la décadence politico-sociale est vertigineuse, ce sont les médailles sportives qui glorifient un pays !
Dans cette même époque, les laboratoires de recherche médicale et scientifique, tentent d’attendrir le peuple en mendiant les fonds qui leur manquent pour leur mission, alors que des milliards, pour la gloire sportive, sont dilapidés. (Voir J.O.) Démagogie !
Que devraient faire nos savants pour obtenir une Médaille du Mérite ?
« Panem et Circenses ». A quoi ont servi 2.000 ans de civilisation ?
Individuellement, ces sportifs exceptionnels sont le plus souvent des gens admirables, fidèles en amitié, débonnaires. Ils sont victimes d’un gouvernement en mal de réussite qui fait flèche de tout bois pour redorer son blason assez terne ces temps-ci.