Après le big-bang, entre les bras spiraux d’une galaxie banale (150 milliards d’étoiles) des vagues gravitationnelles générèrent des zones de compression de grande puissance, qui forcèrent tout de qui était par là à s’interpénétrer.
L’univers étant fait à 99,9% d’hydrogène, deux de ses allotropes étaient aussi présents : le deutérium et le tritium, plus intimement nommés H2 et H3. Ces gens, quand on les comprime très fort (constante de Lawson), réalisent leur fusion et forment une étoile.
L’histoire commence par une nébuleuse protosolaire, sorte de grande roue dont le centre est occupé par l’étoile naissante et le tour par d’autres gaz et des poussières.
Tout cela tourne par la faute de la conservation du moment angulaire originel et conserve sa rotation de naissance à l’étoile qui génère des tourbillons de gaz et de poussières autour d’elle, futures planètes, tournantes aussi.

galaxie Messier 83 vue par Hubble
Et, dans le système solaire, la Terre, parmi d’autres.
Le hasard a voulu que la terre se trouve à une distance de son étoile compatible avec la vie (comme nous la connaissons) : distance qui permet d’avoir de l’eau liquide et une température qui ne brûle pas tout sur sa surface, comme Mercure, ou comme Vénus par exemple, étouffée par son atmosphère gazeuse qui lui confère une température au sol entre 400 et 600 degrés. Sur la Terre, le dégazage des roches de surface permettra l’apparition, avec le temps, d’une atmosphère respirable.
Restait à voir apparaitre les animaux, ce qui ne fut qu’une formalité, compte tenu de la présence d’eau et d’air. Et après quelques millions d’années, par complexification moléculaire, l’être humain.
C’est là que les choses se compliquent, et souvent se gâtent : l’être humain à reçu suffisamment de cerveau pour penser, mais insuffisamment pour résoudre tous les doutes que toute pensée génère. Il n’a pas appris à utiliser ses doutes pour construire des certitudes utiles.
Après quelques millions d’années il a, à peu près, compris comment survivre, mais il se heurte à un problème d’une autre envergure : survivre, pourquoi ? Et il passe, depuis, ses cogitations à chercher pourquoi il devrait s’épuiser à vivre, puisqu’il est destiné à mourir. L’absurdité de la mort comme unique sortie lui demande, lui commande, une explication.
N’en trouvant aucune, il tombe, par gravité intellectuelle dans le « si je suis trop limité pour comprendre, quelqu’un doit bien avoir la réponse ! »
Et hop ! La pensée religieuse était née ! Grand-fourre-tout où il jette tout ce qui l’encombre, à commencer par ses peurs et ses doutes, ces outils précieux qu’il a déjà maltraités.
Comme il fallait bien personnaliser le fourre-tout, il a dévolu ce rôle au(x)dieu(x).
L’invention suivante, pour que la première ne soit pas (trop) remise en doute, est née : la suprême vertu de croire sans savoir. Le Grand Mérite.
Le poncif : « Dieu créa l’Homme à sa ressemblance et celui-ci le lui a bien rendu » est la seule vérité qui permette à l’Homme d’imaginer Dieu et les textes « sacrés » abondent d’anecdotes qui humanisent le Créateur. Et ce sophisme, le plus grand de l’histoire, est vécu comme réconfortant, dès lors qu’il favorise un « dialogue », plus près de la « diatribe ». (Diatribe : dialogue inventé par un locuteur qui échange avec un autre locuteur, imaginaire, qu’il crée pour la circonstance).
Mais dès qu’une idée fleurit, elle trouve des « pour » et des « contre », générateurs de toutes les guerres passées, présentes et à venir, vécues avec d’autant plus d’ardeur que les convictions religieuses sont fortes. D’abord guerres d’idées, rapidement soutenues les armes à la main.
Peut-être que l’absence de l’idée de Dieu, rendant l’Homme à lui-même, aurait éveillé des sentiments plus fraternels, moins sectaires, plus « humains », mais c’est alors qu’est apparue l’idée de « volonté de Dieu ! » L’Homme se déculpabilise ainsi de toutes ses insuffisances, des plus bénignes aux plus monstrueuses : il remet entre les mains de ses dieux son libre arbitre ! « Je n’y suis pour rien, c’est la volonté de Dieu ! »
Aucun concept n’a jamais motivé autant de conflits, guerres, massacres, que les religions, par un processus absurde : transformer les conflits entre les hommes par des affrontements entre les divinités. On retrouve alors la déculpabilisante « volonté des Dieux », qui n’est que l’extension de l’abandon du libre arbitre individuel aux foules des fidèles ».
Il était clair, dès le début que rien ni personne de pouvait s’attaquer aux dieux et moins encore se mêler de les défendre, ne serait-ce que pour leur discrétion. Rien n’y a fait. Ces prétextes, bien qu’obstinément absents ont toujours été les plus violents fauteurs de guerres.
Aucun conflit de religions ne peut être réglé par la raison ou la diplomatie, car aucun dieu, pour ses adeptes, ne saurait avoir tort.
En un temps où quelques bombes nucléaires peuvent effacer l’humanité de cette planète, les batailles pourraient bien cesser, enfin, faute de combattants. Par la volonté d’un Dieu ?