Il faudrait peut-être faire quelque chose.

La première guerre mondiale -1914-1918 – est devenue telle par le jeu des traités, alliances, sympathies, antipathies de restes d’empires. De nouveaux états se créent, sous prétextes et références linguistiques et historiques, au risque de troubles et d’affrontements locaux de ces jeunes entités face à leur tuteurs historiques. Hécatombes.

En 1914, il n’existe que deux démocraties en Europe : le Royaume Uni, Monarchie Constitutionnelle et la France. Le reste du continent est gouverné par des royaumes ou empires autoritaires. L’Europe rayonne sur le monde scientifique, technique, culturel.

Après la deuxième guerre mondiale, née d’une Allemagne en perdition économique et sociale et de la démence d’un leader charismatique en rêve d’empire et d’eugénisme purificateur, qui, sans le secours des États-Unis aurait peut-être réalisé ses ambitions, secours décidés par une agression japonaise sans déclaration de guerre sur Pearl Harbour. Devant de lourdes pénuries de pétrole et autres matières premières, et motivé par la volonté de remplacer les États-Unis comme puissance dominante dans le Pacifique, le Japon attaque les forces américaines et britanniques en Asie et tente de s’emparer des ressources de la région. Les États Unis arrivent alors à bout de leurs travaux sur l’arme nucléaire qu’ils testent sur le Japon avec un succès discutable quant à la méthode. Une démonstration en mer au large du Japon-spectateur aurait eu le même effet que l’assassinat des populations civiles de Nagasaki et Hiroshima. Cette décision, fille de la colère, reste une tâche ineffaçable. Hécatombes.

Le total des morts des deux guerres mondiales, palmarès du 20ème siècle, s’élève à environ 80 millions de morts et 140 millions de mutilés, soit 220 millions de victimes, soit l’équivalant de la population approximative de la France, de l’Espagne, de l’Allemagne et bonne partie de l’Italie. Hécatombes.

Mais ce ne sont « que » les deux guerres mondiales. Les autres conflits sur notre planète durant le siècle passé sur le continent africain, guerres tribales et de colonisation, et sur le continent asiatique sont considérables. Hécatombes.

Qu’a-t-on retenu de cette leçon sur l’absurdité monstrueuse qui s’est déroulée dans le temps d’une vie humaine ?

Logiquement, on a retenu les faiblesses qui nous ont coûté cher en hommes et en souveraineté et on s’est remis ardemment au travail pour pallier ces deux insuffisances : on a développé des armes plus puissantes, plus mortifères, des systèmes d’informations plus efficaces, humains et électroniques, des véhicules propres à porter n’importe où, dans l’air, sur terre, sur et sous les mers, dans l’espace, nos vecteurs de mort. Comme ceux qui étaient nos ennemis hier en ont fait autant, nous serons prêts pour leur tuer autant, ou plus, d’hommes à la prochaine occasion. Hécatombes.

« Heureusement », le progrès technologique dans ses inventions les plus coûteuses, offre aujourd’hui des moyens d’exterminer, des millions de fois plus puissants que naguère.

Le vieil adage latin « si vis pacem, para bellum » (si tu veux la paix, prépare la guerre), conseille un réarmement fort, mais le prix d’un « Rafale » est de 140 millions d’Euros, soit le prix d’un hôpital correctement équipé. D’où la nécessité d’avoir des armes qui ne laissent aucune chance de survie aux victimes afin que les hôpitaux ne deviennent pas d’indispensables et coûteux investissements. Hécatombes.

Bien sûr, la solution idéale serait de supprimer les guerres, mais mettons-nous à la place des dangereux malades qui les déclarent. Ces pauvres diables ne peuvent tout de même pas risquer l’oubli pour un manque de dates des victoires à apprendre par cœur par les écoliers du futur.

C’est là que les caractéristiques psychologiques des « Hommes d’État » se retrouvent tout au long de l’Histoire : un ego himalayesque, une ambition en rapport et un aveuglement assumé sur les conséquences de leurs décisions.

(Petite note sur la démocratie : « le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple », noble ambition, est une chimère totale qui reste sans effet car le peuple lui-même se choisit un chef. C’est là que les humains se retrouvent. Ils ne savent quoi faire du pouvoir. Quand on arrive péniblement à « sortir » deux ou trois lois par année législative, il est évident que le pouvoir est ailleurs. Quant aux vrais gouvernants, ils se terrent quand la marmite sociale se met à bouillir, ou ils partent pour des visites diplomatiques, jusqu’à ce que les forces de l’ordre – mal équipées, mal payées, mal considérées – encadrent les briseurs de vitrines et autres incendiaires de voitures et les cornaquent vers leurs « quartiers ». Jusqu’à la prochaine contestation populaire).

Comme les décisions politiques sont à une échelle qui n’a rien à voir avec l’Humain, mais qu’on s’est habitués à obéir au chef, ce que pèsent les quelques centaines de cerveaux parlementaires est négligeable.

Et on arrive à l’absurdité majeure : laisser un homme seul décider de tout, supposé aguerri dans toutes les sciences, d’une sagesse absolue, d’une intelligence totale, d’une stabilité émotionnelle parfaite, d’un sens moral irréprochable, créé par les dieux, pour commander en toutes circonstances. N’importe qui, en somme, aux yeux de sa mère, au moins.

Mais il faut accepter, avec Aristote, que la démocratie n’est pas, non plus, le meilleur système pour le médiocre niveau des masses.

Il ne reste, pour ne pas être déçu, que les dieux. Mais aucun dieu « connu » n’a donné jusqu’à présent la preuve de son existence, et moins encore de sa perfection.

Il ne reste qu’une solution envisageable, aujourd’hui raisonnable : une Intelligence Artificielle, propre de toutes passions, riche de toutes les connaissances et plus par extrapolation, capable d’appliquer le « gouverner, c’est prévoir ». Cette téléoscopie qui permettrait de visualiser les résultats probables des conduites irresponsables. Capable aussi de ne pas perdre ses nerfs dès que l’autre ne parait pas d’accord, qui diffuserait du bon sens au lieu de propagande. Qui enfin serait capable – c’est théoriquement possible – des corriger ses propres dérives, afin que ses éventuelles divagations ne soient pas dommageables.

Évidemment, l’Intelligence artificielle souhaitable ne serait pas celle dont on dispose aujourd’hui, qui élargit le fossé digital entre les peuples riches et pauvres, où qui entrainerait la destruction de centaines de millions d’emplois et, peut-être le plus grave prospectivement, qui est entre les mains d’individus pour qui le profit reste le but essentiel.

Il est probable que la dernière chose que déciderait cette merveille de sagesse vertueuse serait la Guerre.

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