L’autre bâtit sa relation à nous sur ses croyances nous concernant. Ces convictions sont elles-mêmes fondées sur nos paroles et nos actes (le plus souvent, malheureusement, dans cet ordre). C’est pourquoi tout changement dans nos attitudes peut avoir des conséquences surprenantes. Cependant, il serait triste que toute une vie se déroule sans que l’apprentissage, la maturité, la montée du niveau des connaissances par l’expérience, ne changent rien aux relations à l’univers dans lequel on vit. Cependant, il est compréhensible que ces changements puissent déstabiliser l’autre.
Là, au contraire du chapitre précédent, il n’y a pas de doute : le remède réside dans une communication permanente sur l’évolution de chacun. À part le fait – positif – que cela fournit des sujets de conversation (ce qui n’est pas toujours facile après les premières années), l’autre est informé, par touches successives, peu traumatisantes, du fait que sa « moitié » reste du domaine de l’évolutif, donc du vivant. Passer d’être « de gauche » pendant la jeunesse des temps de « vache enragée » à être « de droite » après une réussite sociale est des plus courants. Ce petit cynisme qui trouve une application domestique confortable à travers le mieux-vivre est rarement explicité dans le couple, un peu honteux de ne mettre encore la main près du cœur que parce que c’est là que se trouve la poche du veston qui contient le portefeuille. Mais le maintien de l’auto-estime du couple en tant que tel profite de la mise au jour de ce genre d’évolution, même s’il y faut ajouter d’autres ingrédients pour en gommer la médiocrité, comme l’humour, voire quelques fois l’ironie (dirigée vers soi-même, elle est souvent salutaire).
La clé : au niveau de la communication, il est certainement profitable de laisser connaître les changements d’opinions à mesure qu’ils se produisent afin de permettre à l’autre une adaptation progressive et peu perturbante, en ajoutant ainsi la possibilité de discuter ces moments d’évolution, de les partager, au lieu d’en faire des bombes à retardement