J’en parlerai à mon astrologue.

Une expansion explosive inimaginable d’énergie qui se transformera en matière élémentaire : des particules indifférenciées, qui par nucléosynthèse formeront les premiers atomes.  

L’univers contient 7 protons pour 1 neutron.

Ce qui conduira à une composition globale de 25% d’hélium pour 75% d’hydrogène, à partir de laquelle se constitueront les étoiles.

De la complexification de variétés allotropiques de l’hydrogène, naitront le carbone, le fer et d’autres particules plus lourdes.

Le refroidissement de l’Univers permettra aux molécules d’atteindre un niveau de complexité qui leur donnera de nouvelles propriétés jusqu’à arriver à celles du vivant.

On passera alors de l’évolution chimique à l’évolution biologique. Se créeront des organismes avec trois caractéristiques :

  • une membrane qui les séparera du milieu extérieur,
  • un matériel génétique qui leur permettra de se répliquer,
  • des acides aminés, qui initieront la synthèse des protéines et constitueront les véritable « briques » de la vie et de ses capacités d’évolution.

Ces processus s’élaboreront dans l’espace, mais aussi sur les planètes, qui seront nées par accrétion du disque protostellaire, à une distance idéale de leur étoile.

L’atmosphère primitive créée par le dégazage des roches se refroidissant, donnera des précipitations générant des étendues liquides, augmentant encore les capacités des réactions chimiques, permettant des composés de plus en plus complexes. Jusqu’à la vie.

Expérience de Miller-Urey

On enferme dans un ballon de verre une « atmosphère primitive », composée de méthane CH4, ammoniac NH3, hydrogène H2 et eau H2O et on soumet le mélange à des décharges électriques pendant sept jours et on obtient des molécules organiques, les briques du vivant, et notamment l‘urée (CON2H4),le formaldéhyde (H2CO), l’acide cyanhydrique (HCN), des bases et des acides aminés (AA), qui seront la base de la panspermie : Les éléments qui peuvent susciter la vie seront présents dans tout l’univers, sous forme de débris, poussières, météorites, comètes… depuis bien avant la formation de la Terre. Ils promèneront ainsi dans l’espace des composés organiques ou leurs précurseurs.

Tout cela, c’est de la chimie. Maintenant, la physique :

Le deuxième principe, qui règle cette danse fantastique : l’Attraction Universelle.

Tout ce qui existe a une masse et toutes ces masses s’attirent mutuellement avec une force proportionnelle à cette masse.

Par exemple : notre galaxie – la voie lactée – est composée d’environ cent cinquante milliards d’étoiles qui forment un réseau d’attractions mutuelles qui leur donne une relative stabilité. Si cette stabilité est perturbée par la disparition d’une étoile, la région concernée rétablit un nouvel ordre d’attraction mutuelle qui lui rend sa stabilité. Si deux galaxies se télescopent, l’Attraction Universelle jouera son rôle et une nouvelle galaxie, plus grande, trouvera son équilibre. C’est ce qui est prévu pour un avenir proche : trois milliards d’années.

La galaxie d’Andromède vue par Hubble

La Galaxie d’Andromède contient environ mille milliards d’étoiles, soit environ sept fois plus que la nôtre.

Le nombre de planètes est estimé à une planète en moyenne par étoile, selon les observations les plus récentes, soit cent cinquante milliards pour la voie lactée, notre village local.

Les mathématiques permettent de formaliser ces chiffres fantastiques de façon ridiculement simple. Le nombre de tous les atomes de l’univers observable, toutes les planètes, étoiles, galaxies, est de10 avec 80 zéros. Bon…

Ce sont tous ces éléments que les « astrologues » prétendent domestiquer pour vous dire tout ce qui vous importe dans cette vie : devenir social, succès professionnel, bonheur en amour…, avec une précision touchante de naïveté.

La base de leur négoce est que le futur est inconnu, donc préoccupant et que leurs clients préfèrent entendre des prédictions agréables, appuyées par la réputation du devin, que de rester dans la grisaille incertaine de leur vie quotidienne.

Pas moins naïves les explications destinées à fonder leur « science ».

Par exemple, il est indéniable que la Lune a une influence puissante sur la Terre. Elle conditionne bien les marées !

En effet, elle soulève les masses gigantesques des océans à mesure de la rotation de la Terre et cette puissance est quelque peu disproportionnée comparée aux soixante pour cent d’eau que contient le corps humain. D’ailleurs, on a de la peine à traduire en information cette action gravitationnelle, pour en inférer votre rencontre avec votre âme sœur et, plus dramatique encore, comment savoir si ce résultat ne concerne pas la voisine.

Quant aux phases de la Lune, elles sont fonction, pour nous, de sa position vis-à-vis du Soleil, mais évidemment, elle ne change pas de masse pour autant. Notre intimité avec l’Astre des Nuits est assez proche : environ 400.000 km pour la distance Terre-lune et 150.000.000 de km pour leur distance commune au Soleil. Le grouillement poussiéreux de la vie sur Terre, déjà invisible d’avion en haute altitude rend improbable une action autre que gravitationnelle entre les deux astres.

De même, les solstices et les équinoxes, fonction de la course de la Terre autour du Soleil ne peuvent être cités que pour preuve qu’ils n’ont pas été oubliés.

Enfin les relations emberlificotées entre une date de naissance, la position des astres majeurs à ce moment-là, leur situation en parallaxe avec certaines constellations et les mouvements relatif de ce petit monde – rien moins que l’univers – achève le dernier espoir d’une quelconque congruité entre le Zodiaque, ses décans et les êtres humains.

Il y a une probabilité plus favorable de gagner à « l’Euro-millions » que de voir un destin suivre ces prédictions.

Mais si la crédulité humaine n’avait pas imprégné notre espèce d’espérance en proportion égale à la raison, nous aurions été tristement privés de ces escrocs que sont les astrologues.

Ah ! oui… Il y a aussi des astrologues qui croient en ce qu’ils font, ce qui en fait des gens honnêtes, mais aussi naïfs que leurs clients. Là, le débat diffère : est-ce qu’il est plus légitime de faire payer des gens par ingénuité que par tricherie ? Le résultat pour le client est le même : il paie pour les « révélations » moins qu’hypothétiques d’un pseudo scientifisme de foire.

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