Si c’est l’évier qui est bouché, appelez plutôt le plombier…

Comme d’habitude quand ça se complique, les médias, pour être sûrs de ne pas louper leur coup, vont au plus populaire.

Les réactions médiatiques ont été à l’honneur au Tableau du Cafouillage. Ce qui n’est que véniel, quand il s’agit des turpitudes de nos élus, mais quand les gens meurent par centaines, on pourrait améliorer le score.

Les gens, donc, meurent par centaines et les médias ont recours, d’urgence, au monde médical, et de préférence à ses membres les plus au contact de ces centaines, deux fois citées : les sommités médicales. Ce premier réflexe est normal.

epidemiologie1L’ennui, c’est que le fléau, inconnu jusqu’alors qui doit être enrayé le plus vite possible n’est connu ni des médecins, ni du monde pharmaceutique. Dans les études de médecine, les maladies infectieuses en général et la virologie en particulier représentent quelques heures de cours magistraux, légitimement noyés dans la multitude des pathologies à étudier.

Avoir sur les plateaux pour opiner, huit professeurs de réanimation sur dix présents n’a pas grand sens. Ces spécialistes de haut niveau, dont le domaine est d’essayer de rattraper, aux portes de la mort, des patients, quand on sait de quoi ils souffrent et avec quoi il faut les traiter, sont désarmés quand ils ne disposent ni de traitement, ni même de la connaissance complète de l’ennemi. Ils ne peuvent que faire de leur mieux : exploiter les ressources énergétiques de patients, qui mourront ou pas selon les caprices d’un mal inconnu.

Si ces héros dans leur vie ordinaire ne sont pas outillés correctement, ni pour parler de la maladie elle-même, ni pour en deviner l’identité qui permettrait, à brève échéance de leur fournir les armes adéquates, vers qui se tourner ?

Ceux-là sont les épidémiologistes – là encore, il en existe de plusieurs sortes, les pathologies répandant leurs méfaits sont nombreuses – et parmi eux et dans ce cas particulier, les virologues. Ils ne sont pas forcément médecins, ils travaillent même le plus souvent dans des instituts de recherches publics, dans les universités ou dans les laboratoires de l’industrie pharmaceutiques.

Or, ces gens-là sont ceux que les médias ont le moins invités. On les comprend : un plateau avec deux ou trois professeurs de médecine a quand même une autre gueule, que le même nombre de « Monsieur » untel ou, au mieux, de « Docteur » Machin.

Le résultat fut tranchant : une petite guerre des egos dans le monde professoral, ou, courtoisie professionnelle oblige, des échanges où l’essentiel a été d’éviter de contredire de façon trop voyante, le collègue à la même table, où toutes les déclarations sont faites au conditionnel, laissant une seule certitude : ces sommités, elles bien réelles, eussent été plus à l’aise dans leur service, au chevet de leurs patients.

Ces parties de Colin-Maillard où tout le monde a les yeux bandés ont souvent été très au-dessous de la dignité des participants.

D’ailleurs, pour cette pandémie, qui mérite bien son nom, quelques sommités d’épidémiologie et de virologie d’autres pays eussent été les bienvenues, voire utiles, allez savoir !

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