Nous mangerons la terre.

La Terre produit la végétation – que nous mangeons – et nourrit les animaux – que nous mangeons aussi – et nos restes, après notre mort, retournent à la Terre, comme ceux de tous les vivants (animaux et végétaux) imposant l’évidence que nous consommons de la matière qui nous constitue après avoir constitué d’autres organismes vivants de toutes sortes, entre autres nos semblables.

manger la terreLa planète étant un système clos, il en est ainsi depuis longtemps avant nous et probablement pour « toujours ». L’explication est toute simple : tout ce qui est, dans ce monde fermé, est composé de molécules, donc à l’étage au-dessous d’atomes, et plus bas encore de protons, de neutrons et d’électrons, agencés de manières différentes pour composer les matières différentes.

Ce stock de particules élémentaires est (en gros) invariable et quand nous composons  une matière synthétique, nous faisons œuvre de « création » en associant, à notre façon, ces particules élémentaires. Il existe bien sûr dans l’univers, beaucoup d’autres particules « plus » élémentaires encore, mais qui ne sont pas de celles qui nous constituent ou nous nourrissent.

Les processus qui agencent les particules élémentaires pour donner la nature telle que nous la voyons ont été le fruit du hasard (pour simplifier) et la capacité de l’homme à recréer de semblables processus n’est qu’une question de progression scientifique et de développement des technologies correspondantes. Des milliers de molécules existent aujourd’hui qui sont la création de l’Homme.

Il est  raisonnable de penser que des composés moléculaires, à partir de ces particules élémentaires, réalisés pour être métabolisés par l’organisme humain, seront un jour la base de son alimentation, voire même sa seule alimentation. N’importe quelle « formule », donnant n’importe quel résultat devrait entrer bientôt dans les possibles de l’industrie humaine. Produire des protéines, des lipides et des sucres n’est pas théoriquement impossible, seulement technologiquement à « mettre au point ». Mettre ensemble du carbone, de l’hydrogène et de l’oxygène pour faire du glucose n’a rien de magique. La L-méthionine, par exemple, un acide aminé non produit par le corps humain, mais essentiel à la vie pour ses capacités protéinogéniques, est synthétisée comme beaucoup d’autres molécules vitales.

Il est dès lors probable, souhaitable même, que le développement des sciences biochimiques et le génie technologique associé se développent dans l’optique de la synthétisation à partir des particules constitutives de la Terre elle-même et non de ses produits, qui eux, compte tenus de la multiplication des êtres vivants, deviendront insuffisants à un horizon relativement proche.

synthese chimique

La population mondiale a triplé depuis 1950. Sur la base de cette exponentialité, la transformation naturelle des produits de la terre sera rapidement insuffisante pour nourrir l’humanité. Seule la production physicochimique synthétique à partir des particules élémentaires de la terre elle-même, avec l’eau comme solvant, pourrait permettre la permanence de la vie.

Cela supposera sans doute la disparition de la plupart des espèces (en particulier celles que nous mangeons), qui, après avoir été nos nourricières deviendraient alors nos concurrentes pour la survie.

Il y aurait bien sûr une autre solution, toute simple : que les humains arrêtent de se reproduire comme des lapins, en se contentant de stabiliser la démographie mondiale, mais comme la désespérante bêtise des dirigeants politiques qui considèrent l’augmentation des populations comme un facteur positif et agissent en conséquence, il est à craindre qu’une stratégie raisonnable en matière de population ne soit pas pour demain.

2 réflexions au sujet de « Nous mangerons la terre. »

  1. Bonsoir

    il me semble qu’il y a une autre source possible que la politique, pour la stabilisation de la population : l’accroissement des richesses, ou plutôt une meilleure répartition de celles-ci. En effet, toutes les statistiques montrent que la fécondité chute drastiquement, même dans les pays “religieusement” ou “traditionnellement” habitués aux grandes familles, dès que le niveau de vie global de la population augmente suffisamment pour qu’il soit plus intéressant d’investir dans ses enfants que de les considérer comme une force de travail à mettre immédiatement à disposition de l’entreprise familiale. Cet investissement étant cher, le nombre d’enfants par famille tombe extrêmement rapidement aux alentours de 2 ‘et des poussières’, les guerres, les nouveaux virus et autres catastrophes se chargent alors du reste…

    • Je crains qu’une meilleure répartition des richesses ne soit bien plus difficile à obtenir des êtres humains que le partage éventuel des ressources alimentaires.
      Quant au taux de natalité, je ne suis pas sûr que vous ayez visité récemment l’Afrique, l’Asie et l’Amérique du Sud.
      Les statistiques “officielles” donne une population de l’Afrique qui doublera pour 2050, par exemple.

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