Notre Dame de Paris a brûlé.

Un bâtiment débout depuis plus de huit siècles, construit pour supporter les vicissitudes d’au moins autant a vu son toit partir en fumée et le tiers de sa nef à ciel ouvert.

Les « autorités », grands chantres du « pas de vagues » ne retiennent pas la piste criminelle : ce ne peut être qu’un incident mineur aux conséquences que l’on sait. Un mégot, peut-être, ou l’allumette mal éteinte après avoir illuminé la cathédrale d’une nouvelle flamme de cierge ?

notre dameA propos de flammes et de cierges, essayons d’imaginer combien de cierges ont brûlé ici depuis 1345, date de sa fin de construction. Le calcul approché donne plus de quarante millions de cierges. Ceux qui sont fixes et ceux qui ont été promenés dans tout l’édifice lors d’offices, de processions, comme simples éclairages…

De plus, l’incendie a pris dans les combles ! Pas un de ces incendies disciplinés qui vont de bas en haut. Non, celui-ci, sans l’aide de l’orage ou de la foudre, décide de transformer en fumée un charpentage de plusieurs centaines de tonnes formé d’éléments que vous n’arriveriez pas enflammer dans votre cheminée.

Après plusieurs attentats déjoués dans la zone, dont une voiture bourrée de bouteilles de gaz garée à quelques pas du vénérable édifice, on aurait pu penser que cette fois, un plan plus malin aurait fonctionné. Eh bien ! pas du tout. Les augures ont parlé. Cherchez ailleurs ! Ou mieux encore : ne cherchez pas !

Le moment de ferveur populaire passé, il faut réparer. Et là, on s’apprête à commettre un second sacrilège : on aurait pensé que le plus élémentaire respect pour l’œuvre magistrale et ses créateurs, commanderait d’effacer les traces de l’outrage, rendant ainsi à ce symbole de la foi chrétienne son éternelle majestueuse présence, toute d’élan fervent, qui a traversé les siècles, en lui rendant son intégrité harmonieuse. Mais hélas…

Les projets qui fleurissent n’ont rien à voir avec une restauration à l’identique, ou, au moins, si on voulait utiliser, en sous-couches, des matériaux ou techniques plus sûrs afin de donner aux éléments nouveaux un surcroit de solidité ou de sécurité, prendre garde à ce que rien ne défigure la noblesse des lignes. Eh bien, non !  Il existe des projets fous : un jardin suspendu, un toit de verre, une flèche d’une hauteur vertigineuse, une « statue » d’une flamme gigantesque, etc…

Si Notre-Dame avait brûlé de fond en comble, on aurait pu admettre une construction, fille du siècle, hommage du génie actuel à la mémoire de la grandeur du grand-œuvre disparu. Mais ce qui a brûlé, ce n’est « que » le toit, bois et plomb, qu’on sait parfaitement remplacer, après avoir restauré les parties ogivales partiellement écroulées, qui ne posent pas non plus de problèmes théoriques.

Ce magnifique vaisseau, œuvre des Maîtres Maçons des XII, XIII et XIV° siècles, n’a été touché que dans ses superstructures, son corps de pierre n’a pas subi de dommages majeurs. Il n’est pas une bête abattue en proie aux charognards de l’autoglorification à tout prix, quitte à avilir ce trésor artistique et spirituel de l’Histoire de l’humanité. Espérons que, le moment d’émotion passé, les décideurs useront judicieusement de leurs pouvoirs.

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