Les gouvernants, « jeunes » et Covid19.

Les « jeunes » seraient un autre genre de citoyens ?

On a baissé l’âge de la majorité de 21 à 18 ans, et dans certains domaines, pénal, par exemple, on nuance encore davantage à la baisse.

On peut – on doit – considérer qu’un individu (désolé, peu usité au féminin) majeur est une personne (désolé, peu usité au masculin) en pleine possession de ses moyens intellectuels, est responsable moralement et juridiquement. Des citoyens, quoi !

Or, dans l’époque difficile que nous traversons, on parle toujours des « jeunes » avec une indulgence particulière quant aux dérives qu’ils génèrent. Avec des milliers de morts, dont ces jeunes sont souvent responsables (soyons clairs), on entend de la part des responsables politiques des absurdités comme : « les jeunes ont besoin de se distraire, ou encore de s’amuser, de faire la fête », quand on ne retombe pas dans les « il faut bien que jeunesse se passe » …

Cette infantilisation des jeunes adultes est non seulement outrancière, mais offre aux plus « turbulents » d’entre eux une justification-licence d’office de conduite aberrante, si l’on tient compte – on devrait peut-être – de la situation de guerre contre le Coronavirus.

Non ! Les jeunes n’on aucune raison, comme citoyens, de recevoir un traitement particulier, quant à leurs droits et devoirs, et s’il devait y avoir une entorse à l’égalité dans les circonstances actuelles, elle devrait être dans le sens contraire : la moindre vulnérabilité au virus et la vigueur de la jeunesse devrait la mettre davantage à contribution.

Du temps heureusement révolu – on espère – où les guerres se passaient sur le champ de bataille ou dans les tranchées, ce ne sont pas les retraités qui allaient au front. Sans en demander autant à la jeunesse actuelle dorée (quand on connait le monde), on pourrait peut-être éviter de lui accorder des privilèges déresponsabilisants. Pour revenir brièvement aux temps de guerre, les jeunes qui ne combattaient pas avaient d’autres soucis que de faire la fête.

Les reportages montrant avec complaisance des jeunes gens en groupes, sans masque ni distanciation raisonnable, se rechargeant en virus qui ne les affecteront pas beaucoup, mais qu’ils répandront généreusement entre les membres plus âgés de leur famille et amis, sont quotidiens et ont leur place dans les médias, entre deux séquences sur les services de réanimation débordés, où des personnels sanitaires, souvent jeunes aussi, risquent leur vie au quotidien. Edifiant !

Mais il y a une logique : au moment où la majorité fut abaissée à 18 ans, la jeunesse, idéaliste, a voté pour les hommes politiques d’alors, qui attendaient aux portes du pouvoir. Les politiques d’aujourd’hui, en campagne électorale permanente, ne vont pas exiger des « jeunes » une attitude honorable mais moins jouisseuse qui pourrait les indisposer.

Le Président de la République, qui se déclarait solennellement « en guerre » contre le virus « laisse faire » une jeunesse qui le lui rendra. C’est effectivement de bonne guerre.

Autre attitude paternaliste surprenante de la part de « l’Etat », d’un mécanisme assez similaire : les médias et le corps médical communiquant sont sommés de ne pas « effrayer, angoisser, diffuser la crainte ». Minimiser en somme une menace – dont la nature et l’ampleur sont rares dans l’Histoire – qui concerne la population mondiale, qui tue et va encore tuer des centaines de milliers d’être humains. Et, évidemment, cette minimisation a pour conséquence immédiate une baisse de la vigilance, quand ce n’est pas une croyance dans le fait que « la guerre » serait finie, ce qui ne manque pas d’entrainer de nouvelles recrudescences !

Ce mépris de la part des régnants envers le sens des responsabilités et l’intelligence du peuple est, au moins, surprenant.

 

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