Le 4ème pouvoir.

On avait pris l’habitude – à la longue – d’accepter trois pouvoirs en république.

Législatif, Exécutif et Judiciaire. Cela fonctionnait plutôt pas mal et c’était assez démocratique.

Vient de naître un quatrième pouvoir, autoproclamé, celui de Censeur : les Gilets Jaunes.

Ils viennent de démontrer qu’ils peuvent faire annuler des dispositions prises par le gouvernement avant même leur légalisation par le parlement.

Ils peuvent donc s’enkyster dans la république et y installer un régime de pouvoir tyrannique où rien ne se décidera plus sans leur assentiment, sous peine de révolution.

Ce mouvement, s’il prospère, sera l’antithèse parfaite de la démocratie.

Si non, il aura été une salutaire sonnerie d’alarme contre les gouvernements abusifs aux tendances totalitaires. C’est ce que prétend être un contre-pouvoir démocratique.

Mais pour l’heure, ce mouvement, comme toutes les rébellions, démontre que les institutions républicaines sans moyens de coercition ne tiennent que parce que le peuple est soumis. Et si le peuple est totalement soumis, la démocratie n’existe plus. Sauf si cette soumission est volontaire, comme mode de recherche de la paix sociale, soumission peu honorable.

Les Gilets Jaunes ont décidé de n’être pas soumis à des dispositions qui appauvrissent leur vie par des procédés inégalitaires ou injustes au plan fiscal.

Ils usent et abusent du droit de manifestation. Bloquer des citoyens libres dans leurs déplacements est illégal et s’apparente à la séquestration. Empêcher le réapprovisionnement des magasins d’alimentation ou des stations de carburant est une autre entrave aux droits fondamentaux. Laisser mourir – comme cela fut le cas – un patient dans une ambulance faute de pouvoir s’extirper du flot de voitures bloquées est pire que la non-assistance de personne en danger, dès lors que les bloqueurs représentent eux-mêmes le danger. Etc.

Si les contre-pouvoirs sont indispensables à la survie de la république, ils ne doivent, jamais, s’avérer plus nocifs que les pouvoirs qu’ils combattent.

Maintenant que la démonstration est faite de leur pouvoir de nuisance – « en cas de » – le Gilets Jaunes pourraient peut-être renoncer à la griserie de vaincre et retrouver un niveau d’action plus compatible avec la démocratie.

Le peuple de France – les soixante-huit autres millions – pourraient se lasser d’un mouvement exceptionnel qui cesserait de l’être.

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