Du français ECRIT comme obstacle à la Connaissance et handicap pour les communications internationales.

Pour l’érudit qui a eu à corriger des dissertations ou des mémoires de fin d’études, l’hortaugraffe l’aura fait pleurer !

Après 12 ans d’études – ou plus – primaires et secondaires, la plupart des étudiants ne sont pas capables d’écrire sans faute plus de quelques lignes (en les relisant trois fois).

Mais ils sont excusables

La complexité du code orthographique français se résume en quelques chiffres… La langue française se parle au moyen de 33 sons. Il y a 26 lettres pour écrire les 33 sons. Et on observe plus de 140 manières d’utiliser les lettres pour transcrire les sons. Ajoutons à cela les lettres doubles et autres lettres muettes, au total il faut connaitre environ 5000 règles pour écrire le français sans fautes !

J.P. Sautot.

Au temps où il suffisait de savoir compter, d’être capable de parler, lire, écrire convenablement le français pour avoir accès à la Connaissance, on pouvait y consacrer l’essentiel du temps d’apprentissage sans dommage.

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Bouteille à la mer interstellaire © Image NASA

Les choses ont changé (heureusement) et les connaissances nécessaires à l’Honnête Homme du XXIème comprennent des matières – et des niveaux en ces matières – parmi lesquelles le français reste important. Trop important pour que le temps qui reste soit suffisant pour un apprentissage général satisfaisant.

Le poids de l’enseignement général et l’harmonisation entre le français et « le reste » n’est plus cohérent.

Le temps est peut-être venu de considérer la langue écrite comme la transcription du langage parlé et d’ainsi la débarrasser des 5000 règles mentionnées par J.P. Saurot, qui n’ont AUCUNE vertu quant à la compréhension et l’élaboration des concepts. La langue écrite n’est qu’un vecteur, en aucune façon une facette fructifère du langage. Tout ce qui s’écrit peut se dire et, avec l’alphabet latin, tout ce qui se dit peut s’écrire.

Il existe de nombreuses langues qui s’écrivent phonétiquement tel l’Espagnol, l’Anglais, le Turc, l’allemand, sans parler des langues défectives, qui, malgré leur grande simplification, ont tout leur sens, comme l’arable ou l’hébreux.

Le français, tant qu’il ne s’agissait que de le parler était une langue quasi universelle naguère. Quand les communications internationales sont devenues plus denses et l’écriture des messages nécessaire, le monde entier, tacitement, a laissé la pratique du français pour adopter l’anglais, quasi-phonétique.

Le nombre d’anglicismes, toujours grandissant dans notre langue – et accueillis favorablement par l’Académie Française – ne se comptent plus ! Intéressant symptôme !

Donner à l’apprentissage la place que les connaissances d’aujourd’hui méritent, en trouvant le temps et la disponibilité intellectuelle nécessaire dans la simplification radicale de la langue devrait devenir un devoir national.

De toutes façons, cette mutation aura lieu, mais au lieu de la subir sur un siècle ou deux, l’efficacité et l’intelligence devraient en faire un chantier prioritaire.

Dö tut fason, set mutasion ora liö, me o liö de la subir sür 1 siekl u 2, l’efikasite e l’intelijans devre an fer un çantie prioriter.

A Istanbul, un cabaret s’appelle « foliberjer », un bureau s’écrit « büro », circonstanciel devient « sirkonstansiel », etc…

En Turquie, quand un enfant de 6 ans, qui sait évidemment parler, entre à l’école, il n’apprend que l’alphabet et sait donc écrire, sans faute ! La Turquie a une culture très ancienne, elle utilisait jadis l’écriture arabe (pas la langue) et quand Mustafa Kemal « Ataturc » a imposé l’alphabet latin, bien qu’il parlât et écrivit le français, l’allemand et l’anglais, il ne s’y trompa point. L’analphabétisme est inconnu en Turquie. Ecrire est si facile ! On y étudie jusqu’à l’université, thèses doctorales incluses, on y trouve les traductions de tous les romans qui comptent dans le thesaurus de l’humanité, en plus de la profusion de littérature locale…

Tout ce qui se dit peut s’écrire. Tout ce qui s’écrit peut se dire.

L’écriture n’est qu’un mode de mémoire et un véhicule de la parole. Elle n’est en rien, par elle-même, une source de sens.

Le latin, dont procède grande part de notre langage s’écrit phonétiquement : Latine, ex quibus tantum lingua nostra est, scriptum est, uoce

le grec aussi s’écrivait phonétiquement

Η ελληνική γράφτηκε επίσης φωνητικά

En français vernaculaire, é, è, et, es, ai, ais, aies, aient, est, ey, he, hai, haie, -er, etc…, se prononce « é ».

De nombreuses fautes d’orthographe proviennent d’homophonies ; les autres, d’ignorance de la grammaire, qui a aussi ses difficultés, mais elles répondent au besoin de sens qui fait du langage parlé français un medium admirable pour sa finesse et sa précision.

A part pour les nationalistes militants (et cultivés, ce qui n’est pas fréquent) on ne voit pas l’intérêt d’une langue écrite décadente et compliquée que bien peu ont plaisir à apprendre (Français en tête), alors que son parlé est admiré dans le monde pour son harmonie et sa richesse.

En attendant l’avènement d’une pasigraphie, n’assommons plus nos enfants avec l’apprentissage chronophage et fatigant d’une langue torturée et torturante, au détriment de la masse de connaissances indispensables dans le siècle.

Un de mes amis à qui j’envoyai cette petite réflexion me fit parvenir en retour cette vidéo truculente sur le sujet, qui d’ailleurs à connu un grand succès, réalisée par deux linguistes reconnus. Je la vous laisse découvrir…

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