Droite, gauche, mode d’emploi. Ou comment prendre parti (ou pas).

Les bases de la science politique ont leurs racines dans la nature de l’être humain. Comme il n’existe pas « qu’une vérité » celle-ci étant un absolu, et l’être humain faillible, baignant dans une ambiance imparfaite, la porte est ouverte à toutes les théories assez raisonnables pour perdurer.

La « gauche » voudrait vivre dans un monde où tout serait toujours partagé « tout de suite » et la droite veut que règne un ordre qui permette d’organiser la production et sa distribution pour conserver les sources productives. La gauche est portée vers les idéaux généreux, la droite vers le besoin d’ordre pour les réaliser.

droite et gaucheLa grande dualité politique, « droite-gauche » n’est pas à l’image de la « générosité-égoïsme », mais à celle de la « confiance-prudence » à l’égard de l’intelligence des masses (*).

Au niveau de l’intelligence émotionnelle, il est plus facile et apparemment plus juste de s’identifier au « donnons tout à tout le monde » qu’au « vivre selon nos possibilités réelles ».

Quel que soit notre choix, s’il est conforme à la doxa du parti qui gouverne, il aura tendance à évoluer vers la domination qui conduit au totalitarisme. Le seul antidote à cet extrémisme réside dans les contre-pouvoirs. Et ceci dans tous les compartiments de la vie sociale : gouvernement de la nation, instances régionales, urbaines, familiales et même individuelles, déterminant ainsi les opinions politiques de chacun.

Comme ces opinions ne visent – sauf pathologies mentales – qu’au « bien » du peuple, il existe une tendance naturelle à rechercher les défauts dans les autres systèmes au lieu de s’acharner à améliorer le nôtre.

Comme chaque système prétend détenir « la vérité » et qu’il se sent légitimé par ses bonnes intentions, il devient intolérant vis-à-vis des autres systèmes. Mais l’intolérance est le premier pas vers la violence, d’abord verbale, puis physique et l’Histoire de l’humanité n’est faite que de guerres, résultats de postures opposées intolérantes. Ne règnent que les passions là où devrait prévaloir la raison.

Dans la politique courante, les arguments des parties en présence veulent tellement déconsidérer leurs opposants, qu’elles en arrivent à des arguments inacceptables. Elles se livrent une guerre permanente, épuisant leur énergie qui serait mieux employée au service de la nation. D’ailleurs, comme tout ce qui est excessif est dérisoire, ces batailles verbales ne sont que l’expression de passions et n’ont pas de valeur démonstrative. La colère – dont on sait qu’elle est une courte folie – est presque toujours présente, ce qui annule la valeur sémantique du discours (voir Sénèque).

Les diverses routes politiques voulant s’appliquer à l’humanité, on trouve évidemment dans toutes les théories politiques des éléments semblables du fait de la nature de l’homme et de ses besoins pour s’approcher du bonheur. Mais comme aucun parti ne veut ressembler à aucun autre, ils s’éloignent tous de ce qu’ils pourraient avoir en commun et qui, bien sûr, est certainement le noyau le plus solide pour édifier une théorie universelle. Dommage !

Un des éléments déterminant sur l’appréciation des théories politiques, c’est leur capacité d’application hors du monde théorique. Les Grecs disaient : « on rend grâce aux Dieux par nos actions hors du temple ».

Si la dualité « droite-gauche » existe depuis si longtemps, c’est probablement parce les deux contiennent des valeurs applicables avec succès aux besoins de l’Humanité. En politique, comme en sciences, la grande recherche est celle d’un « champ unifié », d’une théorie que les engloberait toutes, qui serait une vraie voie vers le bonheur. Mais là, on revient à l’être humain. Certains se privent de manger pour en aider d’autres ; et d’autres ne seront jamais satisfaits de ce qu’ils ont, mêmes s’ils ont tout. Mais cette diversité, du meilleur au pire, ne disparaitra jamais. On n’obligera jamais personne à être généreux, ou à être égoïste si ce n’est pas sa nature ;

S’engager en politique ne devrait jamais être une affaire de parti, mais de bon sens, d’honneur et de bonté. Et il y a des gens mauvais, égoïstes, malhonnêtes, généreux, bons, honnêtes dans chaque groupe, partis, ethnies, nations. Simplement parce que ces groupes sont faits d’êtres humains imparfaits.

Il faut être ingénu, naïf, ou aveuglé par la passion ou la colère (deux états dangereux) pour croire que les méchants son d’un côté et les gentils de l’autre. Il y a de tout dans tout et en s’engageant d’un côté, on ne fait que perdre son libre-arbitre pour épouser les dogmes du parti. Ce qui est un déni d’intelligence. Une soumission à des idées qui ne sont pas toutes les nôtres. Et on se prive des bonnes idées des autre partis.

Restons indépendants, intellectuellement honnêtes, convaincus que le bonheur de l’être humain passe par le respect qu’on lui porte. Soyons généreux sans être prodigues. Cultivons nos idées sans mépriser celles des autres.

Chercher dans l’histoire des arguments pour ou contre quelqu’un ou un système n’a aucun sens, car on trouve là tout et son contraire. D’ailleurs, si on a besoin de personnaliser les arguments, cela signifie seulement que par eux-mêmes, ils ne sont que des sophismes.

(*) Les masses humaines ont leur psychologie propre. La masse est un lieu où l’individu se dissout, où il abandonne sa responsabilité individuelle, couvert qu’il est par son nouvel état : un parmi la masse. Les participants à un regroupement important perpètrent des actes qu’ils n’auraient jamais réalisés dans leur vie courante. Se crée avec la masse l’abandon de chacun pour un élan collectif ou l’instinct grégaire permet de libérer des forces intimes sans crainte de sanction. Une masse est capable d’actes qui seraient réprouvés par chacun de ses membres comme individu.

En France, voici quelques jours, une foule (les auto-proclamés Gilets Jaunes) ont enfermé dans une préfecture tout le personnel et ont mis le feu au bâtiment, empêchant les pompiers d’y accéder. Ils hurlaient, dehors : « vous allez griller comme des poulets !!! ». Après que les forces de police aient libéré les fonctionnaires, et la masse dispersée, des journalistes ont voulu interroger des membres de cette masse folle. Ils n’en ont trouvé aucun pour parler : n’étant plus une masse, ils avaient retrouvé leur raison et étaient accablés de honte. Individuellement, ils n’auraient jamais même pensé à un acte pareil.

 

N.B. Toute conversation politique ou « le ton monte » devient inintelligente, inutile et dangereuse.

 

Pour s’y retrouver dans les différents courants politiques :

Les grandes idées politiques (Broché)


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